<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet type='text/xsl' href='http://martpolly.spaces.live.com/mmm2008-07-24_12.50/rsspretty.aspx?rssquery=en-US;http%3a%2f%2fmartpolly.spaces.live.com%2fcategory%2fDivertissement%2ffeed.rss' version='1.0'?><rss version="2.0" xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/" xmlns:msn="http://schemas.microsoft.com/msn/spaces/2005/rss" xmlns:live="http://schemas.microsoft.com/live/spaces/2006/rss" xmlns:dcterms="http://purl.org/dc/terms/" xmlns:cf="http://www.microsoft.com/schemas/rss/core/2005" xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"><channel><title>carnets: Divertissement</title><description /><link>http://martpolly.spaces.live.com/?_c11_BlogPart_BlogPart=blogview&amp;_c=BlogPart&amp;partqs=catDivertissement</link><language>en-US</language><pubDate>Sat, 16 Aug 2008 17:00:12 GMT</pubDate><lastBuildDate>Sat, 16 Aug 2008 17:00:12 GMT</lastBuildDate><generator>Microsoft Spaces v1.1</generator><docs>http://www.rssboard.org/rss-specification</docs><ttl>60</ttl><cf:parentRSS>http://martpolly.spaces.live.com/blog/feed.rss</cf:parentRSS><live:type>blogcategory</live:type><live:identity><live:id>-1335366511789600137</live:id><live:alias>martpolly</live:alias></live:identity><cf:listinfo><cf:group ns="http://schemas.microsoft.com/live/spaces/2006/rss" element="typelabel" label="Type" /><cf:group ns="http://schemas.microsoft.com/live/spaces/2006/rss" element="tag" label="Tag" /><cf:group element="category" label="Category" /><cf:sort element="pubDate" label="Date" data-type="date" default="true" /><cf:sort element="title" label="Title" data-type="string" /><cf:sort ns="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/" element="comments" label="Comments" data-type="number" /></cf:listinfo><item><title>Insomnie</title><link>http://martpolly.spaces.live.com/Blog/cns!ED77D33B8BD41277!420.entry</link><description>&lt;div&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.4pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-family:Arial"&gt;&lt;font size=3&gt;Quand la nuit s’installe dans la morosité et que frétillent en moi les douleurs habituelles qui voudraient encore que je les caresse, je prends sur l’étagère l’un des romans commencé depuis des siècles et que je lis à petite dose. J’en ai plusieurs qui sommeillent alternativement : « Vivre pour la raconter », de Gabriel Garcia Marquez, « La montagne de l’âme » de Gao Xingjian, et &amp;quot;Cassandre&amp;quot; de Christa Wolf. Je pense que je ne les terminerai jamais, je les ouvre, ils me passionnent chaque fois que j’ai les yeux dedans, puis, pour je ne sais quelle raison je m’en détourne pendant des mois. Le plus avancé est celui de Garcia Marquez. J’ai relu deux fois son « Cent ans de solitude », avec le même plaisir, ma première lecture provoqua une tempête dans ma cervelle, je n’avais jamais rien lu d’aussi foisonnant, joyeux, dérisoire, fracassant, hilarant et grave à la fois. Je me régale avec son autobiographie, mais je suis fainéante. J’avance un chapitre ou deux pages, c’est selon, puis je me prends à rêver. Ce qui est sûr c’est que j’ai chaque fois l’impression de l’avoir quitté la veille, c’est comme une assurance que la mémoire fonctionne. Par contre le livre de Gao Xingjian me demande plus d’efforts, son écriture est magnifique, c’est pourquoi je le saisis le moins possible, parce qu’à chaque fois je suis comme un étranger dans une contrée inexplorable, même si je me souviens très bien du personnage et de sa quête, je me perds vite dans la forêt, tout comme le dernier des personnages que j’ai abandonné en route. J’admire la couverture du livre exécutée de ses propres pinceaux, qui se lit à l’endroit ou à l’envers, et de quelle que façon qu’on la regarde surgit le mystère insondable d’un rocher, une brume, d’un sommet, métaphore d’un impossible voyage, d’une destinée douloureuse, d’un espoir inaccessible. J’avais visité son exposition à la charité de Marseille, et je m’en souviens comme d’un moment éblouissant ; tous ces verts et gris évanescents, jeux de lumières, jeux d’ombres épinglés aux ouvertures de la coupole blanche me donnaient de la voltige, j’étais comme sur un fil, le fil tendu de l’éphémère, et de l’intensité de ces minutes bénies renaît intacte l’émotion éprouvée devant le trait épuré d’un trajet de vie. &lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.4pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-family:Arial"&gt;&lt;font size=3&gt;Puis je tends la main vers celui de Christa Wolf et sa Cassandre qu’elle recherche jusqu’au berceau de notre civilisation en Crète, dans les pas de la civilisation minoenne, où écrit-elle, la femme avait, elle en est persuadée, un égal pouvoir avec celui de l’homme, et malgré la légendaire tyrannie de Minos. Elle cherche, fouille, parcourt les traces de la mythique Cassandre, celle qu’on ne croyait jamais, qu’on traitait de folle et qui pourtant savait. Ses prédilections désastreuses se sont toujours vérifiées. Christa Wolf s’interroge à toutes les pages sur ce rôle-là dans l’histoire des hommes qui n’écoutent jamais et préfèrent l’internement de ces oracles plutôt que leur raisonnement. Et toujours depuis, de désastre en désastre, ils n’entendent bien que ceux qui les soutiennent. &lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.4pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-family:Arial"&gt;&lt;font size=3&gt;Et je ferme les yeux tout à mon rêve mythique.&lt;/font&gt;&lt;/span&gt; 
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.4pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-family:Arial"&gt;&lt;font size=3&gt;L’instant d’après, je me demande si je vais poursuivre le fabuleux et envoûtant roman de Pamuk, mais toute cette neige m’étouffe ce soir, j’ai besoin de soleil.&lt;/font&gt;&lt;/span&gt; 
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.4pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-family:Arial"&gt;&lt;font size=3&gt;Décidément je crois que je ne lirai pas.&lt;/font&gt;&lt;/span&gt; 
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-indent:35.4pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-family:Arial"&gt;&lt;font size=3&gt;La nuit avance, mais sachant que pour l’instant le sommeil me fuira. J’enclenche un CD de Bach, cadeau de mon fils. Le doigté de Glenn Gould m’envoûte suffisamment pour que je cesse de naviguer dans le passé du présent. &lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt"&gt;&lt;font face="Times New Roman" size=3&gt; &lt;/font&gt;&lt;/div&gt;&lt;img src="http://c.services.spaces.live.com/CollectionWebService/c.gif?cid=-1335366511789600137&amp;page=RSS%3a+Insomnie&amp;referrer=" width="1px" height="1px" border="0" alt=""&gt;&lt;img style="position:absolute" alt="" width="0px" height="0px" src="http://c.live.com/c.gif?NC=31263&amp;amp;NA=1149&amp;amp;PI=73329&amp;amp;RF=&amp;amp;DI=3919&amp;amp;PS=85545&amp;amp;TP=martpolly.spaces.live.com&amp;amp;GT1=martpolly"&gt;</description><comments>http://martpolly.spaces.live.com/Blog/cns!ED77D33B8BD41277!420.entry#comment</comments><guid isPermaLink="true">http://martpolly.spaces.live.com/Blog/cns!ED77D33B8BD41277!420.entry</guid><pubDate>Sat, 01 Mar 2008 06:29:47 GMT</pubDate><slash:comments>0</slash:comments><msn:type>blogentry</msn:type><live:type>blogentry</live:type><live:typelabel>Blog entry</live:typelabel><wfw:commentRss>http://martpolly.spaces.live.com/blog/cns!ED77D33B8BD41277!420/comments/feed.rss</wfw:commentRss><wfw:comment>http://martpolly.spaces.live.com/Blog/cns!ED77D33B8BD41277!420.entry#comment</wfw:comment><dcterms:modified>2008-03-01T06:34:26Z</dcterms:modified></item><item><title>Emir Kustorica</title><link>http://martpolly.spaces.live.com/Blog/cns!ED77D33B8BD41277!408.entry</link><description>&lt;div&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-family:Arial"&gt;&lt;font size=3&gt;Je suis allée voir le dernier film d’Emir Kustorica, et comme d’habitude je me suis laissé guider dans son univers loufoque et déjanté. Pourquoi je l’aime ? Justement parce qu’il est fou. D’une folie à laquelle j’adhère pleinement. Et « Promets-moi » fut un moment de pur plaisir, avec du rire tout le temps, des fusillades sans morts comme dans les dessins animés, (un seul des personnages explose), un homme volant (la graine de poésie), des paysans&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;tellement attachants avec leur réalisme et leur idéalisme, des gangsters gros méchants qui le paient très chers à la fin, et des gangsters très gentils, le grand et le petit comme dans Laurel et Hardy, mais en pugnace et totalement hors les normes, un adolescent amoureux, une vache intelligente, etc. Un régal vous dis-je. &lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-family:Arial"&gt;&lt;font size=3&gt;Mais Emir Kustorica ce n’est pas seulement ça, même si généralement ses films laissent les spectateurs sur une ouverture optimiste, ou au moins un possible utopique, je l’aime parce qu’il est bien le seul à mêler savamment les rires et les larmes, les interrogations et la légèreté, le drame le plus tragique au sourire le plus large. Le quotidien de ses personnages n’est jamais simple, tout comme la vie, les petites choses qui font tout déraper pourraient arriver à n’importe qui, et en même temps c’est impossible, il donne à rêver. Particulièrement dans « la vie est un miracle » qui se passe dans la guerre Serbo-bosniaque, et qui finit sur de l’amour, grâce à l’ânesse dépressive. Tous les animaux ont une place chez lui. Ils sont généralement plus philosophes, plus intelligents que leurs maîtres et nous amusent tout autant car ce sont des personnages à part entière. Je suppose que les tournages doivent être épiques ! Et mine de rien dans toute cette agitation bien soutenue par une musique relevée et rythmée il donne à réfléchir sur la condition humaine. Les milieux auxquels il s’attache sont toujours populaires, nous ne sommes jamais dans la gentry bourgeoise ou intellectuelle mais avec les gitans, avec les malfrats, avec les paysans… Un de ses plus beaux films : « Papa est en voyage d’affaires » nous touche autant par le réalisme des situations présentées dans les relations conjugales, extraconjugales, familiales, par le regard de l’adolescent, toute cette tendresse qui déborde, que par la fantaisie avec laquelle le sujet est traité. Ce sont toujours les déchirures de ces hommes et ces femmes qui ne sont jamais sortis de leur enfance et qui font comme ils peuvent pour vivre encore et encore.&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-family:Arial"&gt;&lt;font size=3&gt;Bien d’autres films m’ont émerveillée : « Underground », « le temps des gitans », « chat blanc chat noir »…. Un univers dans lequel on peut ne pas entrer, mais quand on s’est accroché ne serait-ce qu’une seule fois… on ne peut s’en passer. Poétique,&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;totalement fou, musical à souhait, un tourbillon réjouissant. C’est le mot juste : réjouissant car lorsque je sors de la séance, je suis sur un nuage, un petit nuage chaleureux et souriant, je flotte et c’est bon.&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;img src="http://c.services.spaces.live.com/CollectionWebService/c.gif?cid=-1335366511789600137&amp;page=RSS%3a+Emir+Kustorica&amp;referrer=" width="1px" height="1px" border="0" alt=""&gt;&lt;img style="position:absolute" alt="" width="0px" height="0px" src="http://c.live.com/c.gif?NC=31263&amp;amp;NA=1149&amp;amp;PI=73329&amp;amp;RF=&amp;amp;DI=3919&amp;amp;PS=85545&amp;amp;TP=martpolly.spaces.live.com&amp;amp;GT1=martpolly"&gt;</description><comments>http://martpolly.spaces.live.com/Blog/cns!ED77D33B8BD41277!408.entry#comment</comments><guid isPermaLink="true">http://martpolly.spaces.live.com/Blog/cns!ED77D33B8BD41277!408.entry</guid><pubDate>Sat, 16 Feb 2008 16:44:29 GMT</pubDate><slash:comments>0</slash:comments><msn:type>blogentry</msn:type><live:type>blogentry</live:type><live:typelabel>Blog entry</live:typelabel><wfw:commentRss>http://martpolly.spaces.live.com/blog/cns!ED77D33B8BD41277!408/comments/feed.rss</wfw:commentRss><wfw:comment>http://martpolly.spaces.live.com/Blog/cns!ED77D33B8BD41277!408.entry#comment</wfw:comment><dcterms:modified>2008-02-16T16:44:29Z</dcterms:modified></item><item><title>Avignon 2007</title><link>http://martpolly.spaces.live.com/Blog/cns!ED77D33B8BD41277!283.entry</link><description>&lt;div&gt;
&lt;p style="border-right:medium none;padding-right:0cm;border-top:medium none;padding-left:0cm;padding-bottom:0cm;margin:0cm 0cm 0pt;border-left:medium none;padding-top:0cm;border-bottom:medium none;text-align:center" align=center&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;span style="font-size:14pt"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;&lt;font face="Times New Roman"&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt; 
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt"&gt;&lt;span style="font-size:10pt"&gt;&lt;font face="Times New Roman" color="#000000"&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:10pt;font-family:'Lucida Sans Unicode'"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;Deux journées denses, cinq spectacles en deux jours, et sur les cinq, quatre de très grande qualité. D’abord : « Délivrez Proust » une petite merveille de Philippe Honoré, mise en scène par je ne sais plus qui, et jouée délicieusement par deux acteurs de talent. Je n’ai pu résister et j’ai acquis le texte que j’ai relu plusieurs fois. Voilà un petit bijou de pertinence qui rend Proust proche, et totalement dépourvu de ce fatras intellectuel dont on l’affuble si souvent. Les portraits de Mme de Guermantes, de Mme Verdurin, de Proust lui-même avec ses maladies, ses amis et ennemis apportent rires, chansons, et ambiance d’époque. L’émouvante lettre de Virginia Woolf, jouée avec brio, donne au spectacle une touche vibrante qui argumente le fabuleux talent de cet écrivain. Mais surtout, tout en finesse, la grande solitude de Marcel Proust. Je ne dirai jamais assez combien il est d’actualité, intemporel et que son œuvre tout entière est un miroir multiple qui sonde qu plus profond l’âme humaine et sa condition fragile et maladroite dans le relationnel. En préface du petit livre, Gilles Deleuze écrit : « Il n’y a pas une sonate ou un septuor dans &lt;i style=""&gt;La Recherche&lt;/i&gt;, c’est &lt;i style=""&gt;La Recherche&lt;/i&gt; qui est une sonate et encore un septuor, et aussi un opéra-bouffe, et encore une cathédrale et encore une robe. », et&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;j’aime beaucoup l’idée de robe, la robe rouge de la Duchesse de Guermantes, ce détail qui comme les cattleyas est un petit rien qui en dit tant.&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:10pt;font-family:'Lucida Sans Unicode'"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;Ensuite nous plongeons dans la philosophie avec la pièce de Dominique Paquet dont nous avions apprécié « au bout de la plage, le banquet ». Elle a adapté « le ventre du philosophe » de Michel Onfray, l’un des premiers livres que j’ai lu de lui. Le personnage principal, une femme, prépare sur une immense table cubique, haute, grise et aux côtés pleins un repas. Les mets fument, l’autocuiseur est en marche. Diogène s’invite, une discussion s’engage. Il faut tenir le coup, le langage est châtié, philosophique, mais amusant aussi. Finalement, elle se fâche avec ce grossier Diogène, ouvre une immense poubelle inclus dans le cube et le jette. Les invitations suivantes sont programmées : ce sera Rousseau, Kant, Nietzsche et Sartre. Les trouvailles scéniques sont vraiment excellentes, du gros cube central va s’ouvrir de haut en bas, la porte de Rousseau dont le sol est décoré de fleurs, de verdure. Rousseau, avec son petit arrosoir, discute cuisine avec elle. Mais comme il préfère le lait, les aliments crus, naturels, elle finit par le renvoyer, et accueille Kant qui sort d’une porte avec un assemblage géométrique (cubique) autour de lui qu’il tient de ses mains comme un cerceau, et qui compte chacun de ses pas. L’ascète est renvoyé de la même façon. Je ne saurais ici développer les arguments philosophiques des personnages. C’est complexe, ma tête n’est pas assez bien faite pour mémoriser et partager toute la saveur du discours. Quant à Nietzsche, une porte s’ouvre sur une petite porte, c’est drôle et donne immédiatement la dimension du philosophe et surtout de sa fragilité. Elle l’accuse, malgré son « gai savoir » de n’avoir pas appliqué à lui-même les préceptes gustatifs. Ensuite vient Sartre qui sort de la poubelle avec sa cigarette et maculé de crustacés, lui qui détestait ça, et qui détestait surtout son corps. Discussion encore vive et amusante autour du corps, du plaisir… Les derniers tableaux sont fabuleux. Elle est au centre du cube, devant un plat qui se mijote sur de la fumée. Paraît alternativement, à droite et à gauche, les têtes des philosophes invités. Elle parle de la nouvelle cuisine et de son immatérialité : on prend l’olive, on la hume, mais on ne la mange pas, on la regarde et on la repose. Le fumet crée un bel effet de bouillon débordant et blanc (grâce à un procédé chimique) et emplit l’espace scénique comme une métaphore du snobisme culinaire actuel. C’est caustique, autant sans doute que les sels qu’elle ajoute dans l’autocuiseurs pour fabriquer cette vapeur épaisse. Joli spectacle, très visuel. Le tout explique combien les philosophes n’ont pas su proposer une philosophie hédoniste de la bouche comme si le matériel digestif était à bannir, peu propice à une sagesse métaphysique. &lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:10pt;font-family:'Lucida Sans Unicode'"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;A 17 h, ce même jour, nous vagabondons avant d’aller voir « 12 hommes en colère ». Un comédien, qui fait sa promotion, nous récite une fable de sa composition sur le sel, le poivre et le piment, dont la moralité est le racisme. En face de nous, une jeune femme anorexique fait la quête. Elle est assise avec à ses pieds quelques œuvres peintes par ses soins. Une troupe s’arrête, lui joue de la musique, lui donne une invitation. Je la regarde sourire, presque émerveillée de ce moment de partage. J’ai l’impression qu’elle est en bout de vie, son teint est si pâle, ses yeux si cernés de sombre que je vois le masque grinçant de la mort. Ce souvenir m’émeut. Cette souffrance qui ose s’exprimer en public est le spectacle de notre propre ravage. &lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:10pt;font-family:'Lucida Sans Unicode'"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;Dans la petite salle très confortable du théâtre de l’ange, nous ne nous ennuyons pas une seconde avec ces douze personnages en colère. Beaucoup connaissent cette pièce, ou ont vu le film de Lumet avec Henry Fonda. Ici, douze jeunes acteurs métissés dont des femmes, reconstituent ce jury prêt à condamner un garçon de 17 ans à la chaise électrique pour le meurtre de son père. Un vrai bonheur, les deux heures passent à une allure folle. Nous sommes vraiment ravies de cette exceptionnelle journée. Nous rejoignons tardivement Aix-en-Provence. Je découvre l’appartement de Mathilde, petit mais agencé de manière très fonctionnel et très agréable.&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:10pt;font-family:'Lucida Sans Unicode'"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;Le lendemain, après quelques courses matinales, nous retrouvons Avignon et soupirons de ne pouvoir aller aux expositions d’Arles cette année. Nous arrivons près du théâtre des corps saints pour le spectacle de Saïda Churchill « sujet : Chomsky ». Et j’ai la joie de reconnaître Romain Bouteille à la caisse. Je suis tellement surprise que c’est avec un grand sourire que je dis « Monsieur Bouteille ! ». C’est lui qui a mis en scène Saïda. Il me sourit et déconne comme à son habitude, il soupire que le terme « spectacles vivants » n’a pas de sens quand les auteurs sont morts. On devrait les appeler des spectacles d’auteurs morts ; je suggère spectacle panthéon, ce qui a l’air de ne pas déplaire. Sur ce, on se retire, allant boire notre café en attendant Saïda. Et nous voilà emportées par l’humour ravageur de la jeune femme qui ne nous parle pas seulement de Chomsky, mais aussi de physique quantique grâce à la métaphore du poisson rouge (soluble) dans son bocal. Par des conversations sur tout et rien avec son amie au téléphone, puis avec son prof de thèse qui la sermonne et qu’elle conteste pour sa lâcheté, elle nous peint un tableau décapant de la société médiatique et des manipulations dont nous sommes l’objet. Comme elle occupe l’appartement d’un terroriste (terme expliqué par Chomsky), elle termine son spectacle en utilisant une corde d’alpinisme et s’envole. C’est percutant, intelligent et tellement d’actualité. A revoir, absolument.&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:10pt;font-family:'Lucida Sans Unicode'"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;Quant au dernier spectacle « Holmes », rien à en dire à part un décor très bien conçu. Personnellement, les décors doivent avant tout servir un texte (le ventre du philosophe), je ne suis pas là pour la beauté d’un espace aménagé. &lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:10pt;font-family:'Lucida Sans Unicode'"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;Bon, nous n’avons pas trop raté notre sortie, puisque 4 des 5 spectacles nous ont plu.&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:10pt;font-family:'Lucida Sans Unicode'"&gt;&lt;font color="#000000"&gt;L’année prochaine, sûr !, nous resterons trois jours. &lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:10pt;font-family:'Lucida Sans Unicode'"&gt;&lt;font color="#000000"&gt; &lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt;text-align:right" align=right&gt; 
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt"&gt;&lt;span style="font-size:10pt;font-family:Arial"&gt;&lt;font color="#000000"&gt; &lt;/font&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p style="margin:0cm 0cm 0pt"&gt;&lt;span style="font-size:10pt"&gt;&lt;font face="Times New Roman" color="#000000"&gt; &lt;/font&gt;&lt;/span&gt; &lt;/div&gt;&lt;img src="http://c.services.spaces.live.com/CollectionWebService/c.gif?cid=-1335366511789600137&amp;page=RSS%3a+Avignon+2007&amp;referrer=" width="1px" height="1px" border="0" alt=""&gt;&lt;img style="position:absolute" alt="" width="0px" height="0px" src="http://c.live.com/c.gif?NC=31263&amp;amp;NA=1149&amp;amp;PI=73329&amp;amp;RF=&amp;amp;DI=3919&amp;amp;PS=85545&amp;amp;TP=martpolly.spaces.live.com&amp;amp;GT1=martpolly"&gt;</description><comments>http://martpolly.spaces.live.com/Blog/cns!ED77D33B8BD41277!283.entry#comment</comments><guid isPermaLink="true">http://martpolly.spaces.live.com/Blog/cns!ED77D33B8BD41277!283.entry</guid><pubDate>Tue, 31 Jul 2007 19:42:10 GMT</pubDate><slash:comments>0</slash:comments><msn:type>blogentry</msn:type><live:type>blogentry</live:type><live:typelabel>Blog entry</live:typelabel><wfw:commentRss>http://martpolly.spaces.live.com/blog/cns!ED77D33B8BD41277!283/comments/feed.rss</wfw:commentRss><wfw:comment>http://martpolly.spaces.live.com/Blog/cns!ED77D33B8BD41277!283.entry#comment</wfw:comment><dcterms:modified>2007-07-31T19:42:10Z</dcterms:modified></item></channel></rss>